Les personnes aidantes constituent la main-d’œuvre invisible au sein de votre organisation; ce sont des membres du personnel qui doivent concilier leur emploi principal avec ce qui équivaut à un deuxième emploi à temps plein non rémunéré. Selon le Centre canadien d’excellence pour les aidants, les personnes aidantes prodiguent en moyenne 5,1 heures de soins par jour, ce qui se rapproche d’un autre emploi à temps plein1.
Pourquoi est-ce si difficile d’être une personne aidante?
Au quotidien, bon nombre de personnes aidantes accomplissent une multitude de tâches parmi les suivantes :
Compte tenu des besoins propres à chaque situation, les personnes aidantes sont toujours disponibles. Cet état d’alerte permanent, où l’on oscille entre le travail, la famille et le prochain besoin urgent de soins, finit par nuire à la santé mentale et physique au fil du temps. Selon Ipsos et la Banque HomeEquity, cela vaut tout particulièrement pour les personnes appartenant à la génération sandwich (celles qui s’occupent à la fois de leurs enfants et de leurs parents âgés), dont 67 % craignent que la prise en charge des personnes âgées n’ait une incidence directe sur leur sécurité d’emploi2.
La prise en charge d’une personne dépendante entraine souvent des dépenses imprévues. En moyenne, 22 % des personnes aidantes déboursent au moins 1 000 $ par mois de leur poche3. Le cout moyen à la charge des personnes aidantes au Canada a atteint plus de 5 800 $ par an en 20223.
Au-delà de l’épuisement mental, physique, financier et émotionnel des défis quotidiens, la prise en charge d’un proche constitue un facteur de stress à long terme, souvent imprévisible. Il ne s’agit pas d’un défi dont la date de fin est clairement définie, mais plutôt d’une responsabilité permanente qui peut évoluer de manière imprévisible.
Quels sont les signes de stress chez les personnes aidantes?
Selon la Société canadienne de psychologie, de nombreuses personnes aidantes disent :
Dans les cas extrêmes, cela peut se traduire par un stress chronique ou un épuisement professionnel, un sentiment accru de rancœur envers les amis et les membres de la famille, un sentiment d’impuissance, de désespoir ou d’isolement, ou encore une dépression. Une personne aidante sur quatre déclare avoir une santé mentale moyenne ou mauvaise : 47 % des personnes se sentent fatiguées, 44 % se sentent inquiètes ou anxieuses, et 37 % se sentent dépassées par leurs responsabilités de personne aidante3. En conséquence, 59 % des personnes aidantes déclarent avoir besoin de prendre des pauses de leurs responsabilités1.
Mais ce n’est pas le seul domaine dans lequel elles font des pauses; les personnes aidantes s’absentent également de leur emploi rémunéré. Selon Benefits Canada, 60 % des personnes aidantes ont utilisé leurs jours de vacances ou de maladie (63 %) pour gérer leurs rendez-vous et leurs responsabilités.
Bien entendu, les jours de maladie et de vacances ont pour but d’offrir à tout membre du personnel un répit bien mérité. Cependant, pour les personnes aidantes qui doivent souvent jongler avec leurs responsabilités et leur travail, une question se pose : ont-elles vraiment le temps de souffler?
Pourquoi tant de personnes aidantes ne demandent-elles pas d’aide?
La culpabilité que ressentent de nombreuses personnes aidantes lorsqu’elles donnent la priorité à leurs propres besoins est souvent citée comme l’une des raisons pour lesquelles elles ne sollicitent pas d’aide. Être personne aidante peut créer un lien identitaire profond, qu’elle associe intrinsèquement à son estime de soi.
D’un autre côté, beaucoup de personnes aidantes considèrent que la responsabilité de s’occuper d’une autre personne relève de leur rôle en tant que membre d’une « famille ». Elles se perçoivent comme la conjointe ou le conjoint, le parent, l’enfant ou l’amie ou l’ami qui remplit son devoir familial. Ce manque d’identification personnelle les empêche de reconnaitre leur propre stress chronique comme un problème de santé spécifique et légitime qui justifie un soutien spécialisé.
Comment un milieu de travail peut soutenir les personnes aidantes
Les arguments économiques en faveur d’offrir du soutien aux personnes aidantes sont évidents : 62 % des membres du personnel resteraient à leur poste actuel si on leur proposait des avantages liés à la prise en charge d’un proche4. Ces avantages ne sont pas seulement un geste de bonne volonté; ils constituent une stratégie incontournable de fidélisation. En encourageant activement les politiques et les ressources favorables aux personnes aidantes, les employeurs peuvent renforcer l’engagement et la fidélité des membres de leur personnel.
Pour créer un environnement favorable aux personnes aidantes, envisagez ce qui suit :
Offrez des modalités de travail flexibles
Les personnes aidantes se sentent souvent dépassées par les soins exigeants qu’elles prodiguent, qui équivalent à un deuxième emploi à temps plein. Pour atténuer l’épuisement lié à cette « deuxième journée de travail », les employeurs devraient proposer des horaires flexibles et des possibilités de télétravail permettant aux personnes aidantes de concilier leurs responsabilités non négligeables sans pour autant sacrifier leur carrière. Étant donné que l’absentéisme imprévu lié au rôle de personne aidante coute aux employeurs entre 2 600 et 3 600 $ par an pour chaque membre du personnel concerné, cette flexibilité constitue une stratégie directe pour lutter contre la perte de productivité3.
Communiquez sur les avantages sociaux proposés aux membres du personnel
Les avantages sociaux ne sont utiles que si les membres du personnel connaissent leur existence et savent comment en profiter; une communication claire et proactive est donc essentielle. En sensibilisant les membres de votre personnel, vous optimisez l’efficacité de votre programme actuel et leur donnez accès à des outils indispensables, dont l’orientation dans le système de soins et les programmes d’aide aux employés (PAE), au moment où ils en ont besoin.
Soutien en santé mentale pour les personnes aidantes
La réalité des personnes aidantes est complexe, chronique et financièrement éprouvante. En allant au-delà des programmes de bienêtre généraux pour mettre en place des mesures ciblées, flexibles et clairement communiquées, les entreprises reconnaissent les difficultés rencontrées par ce segment essentiel de la main-d’œuvre. En instaurant une culture d’intégrité et de bienveillance, vous améliorez non seulement le bienêtre de chaque personne, mais vous renforcez également la fidélité et la résilience de l’ensemble des membres de votre personnel.
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Les conseils présentés dans cet article ne visent pas à permettre l’autodiagnostic ni le traitement des problèmes de santé mentale. Si vous présentez des symptômes, veuillez consulter une professionnelle de la santé agréée ou un professionnel de santé agréé.
1 Caring in Canada Report. Centre canadien d’excellence pour les aidants, juin 2024.
2 Sondage sur la génération sandwich. Ipsos et la Banque HomeEquity, mai 2024.
3 Rapport « Prendre soin ». Centre canadien d’excellence pour les aidants, novembre 2022.
4 Rapport Pleins feux. Organisme de soutien aux aidants naturels de l’Ontario, décembre 2025.